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| Le
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Albin, Jacques |
Alcyon |
Bailly, Philippe |
Bardou, Brigitte |
Bataille, Marie |
Bégué, Emmanuel |
Bernier, Bruno |
Bertrand, Huguette |
Boucher, Christian |
Brillon, Yves |
Chaudagne, Éric |
David, Claude |
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DiSanzo, Vincent |
Doyon, Paule |
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Dubé, Frédérique |
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Lemay, Sophie |
Méliade, Stéphane |
Michiel, Archibald |
Mounier, Éliane |
Nath |
Nouvel, Isabelle |
Pinat, Étienne |
Ripoll, Guy |
Riquier, Jean-Marc |
Seassau, Mireille |
Suquet, Cyril |
Veludo, Pedro |
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| Mireille Seassau |
Arbre
Arbre
Ecorce à lire
Effet d'or sur la peau
Poussière de magie blanche
Me parlent
Nos voix dedans
Les histoires à dormir
Deux bouts de moi morts
A brûler
Oublier
Je suis à l'intérieur
Raconte à mes rêves
La terre te serre dans ses bras
Je deviens elle tu es sans cible
Tu murmures le vent là-haut
Voles les ailes du soleil qui te boit
Te vivre
Ecoute-moi
Ecorce dense à caresser
De l'intérieur tu me grandis
Je suis née de toi
J'ai tout ton temps
Tes siècles aime-moi.
Août 1998
Baptême de sable
Une toile de chute sur la nuit pour rouler ma peau dans les dunes, jusqu'à l'extinction du peu.
Assis autour des âmes dansées des nomades, nous buvons à la coupe noire des années, le lait de chamelle sucré.
Ecoute, écoute le rite des Naissances...
Toi, tu sais devenir enfant en grandissant, mais cette merveille ne se murmure que dans la démesure, lorsque l'Harmattan ouvre ses ailes de sable.
Une petite aux yeux de silex, coupants et rieurs, trace le cercle secret sur la dune. Dedans, elle ouvre la fenêtre des mirages : deux enfants blancs s'emparent de l'horizon, inventent un nouveau chemin, jouent le thème d'aimer en étoile.
Et toujours les humains prennent feu d'un regard, un cri de flammes dans la tête.
Et toujours les hommes cherchent une piste à la grande Naissance.
15 février 1999
Réalité
Toute petite
enroulée dans le devenir
elle dort contre le mur du temps qui se défait
Chaque moment aride
emporte un peu sa voix
loin vers la ville grincée de portes débattues
ouvertes puis fermées
Toute petite
sculptée dans le sable
d'un château de ciel qui se joue de tout
elle ne parle qu'au dedans
l'écho de sa vie détruit les habitudes des murs indifférents
Dans un champ à naître demain
une rivière de paroles roule
fane le quai des fleurs tristes
ce bonheur en larmes que l'on sèche sous le vent
Toute petite
sa main secoue l'amour pour l'éveiller
lui donne la Réalité
offrande nue et sucrée.
3 mars 99
Plongée en couleurs
Si nous étions des tubes de peinture, il suffirait d'approcher la main, de
toucher simplement pour qu'enfin, la couleur à l'intérieur, s'exprime et
parle au monde.
Si...
Les mots flammes impressionnaient notre en corps, tu nous couvrirais
d'océan outremer, d'ultraviolet ou de Havane, je prendrais feu en
carmin, laque de Chine ou bleu métal.
Si...
J'imagine une plongée en nous, balade fauve comme un signal, nos
boucles de corps en toiles de mer, la lumière en apnée, les aquarelles, le sens du courant cherché, puis, en contre-plongée, les instants de vie livrés sans repères, le dépouillement des mots, l'abandon du verbe, des moi.
Si...
Aux grands fonds teintés, notre calme lunaire créait le soleil liquide, on
plongerait de soie en soi, de l'un en l'autre sans délai, pinceaux agiles
caresseurs, récipients des couleurs du monde.
Mais, l'encre déjà coule en heures dans nos veines, va et revient aux
liqueurs des fées, il est possible de rêver.
Avril 1998
Eclat temps
Agitation
essence des feuilles de l'hiver
violent mouvement doux
mèches saveurs emmêlées aux sirènes
corps du monde
par sa main percée de lumière
on sent la foudre
s'étoiler dans son sang
infiltrer les vies
océan
rage de bonheur vers le large
éclat temps mer sous les vagues
en nous la sève du courant
tu nages dans le vent
29 octobre 1998
Enfants coquelicots
Maintenant que chaque mot a donné son ombre, l'existence ressemble à un corps qui ne sait plus la nuit.
Les coquelicots jouent à peindre des regards pleurant l'eau souterraine.
Le mien, assoiffé, invente les îles de la roue du temps. Je cache ma clé
de soleil et la pierre du voyage.
Le monde est fragile comme un pétale de sang et je sais chaque homme seul avec ses mains liées. Parfois, en se laissant glisser à fond de trame, sur l'envers de la nuit on touche au cœur du Tout.
L'instant est un voyage au radeau duquel on emporte les précieux qui
nous chavirent.
On s'allonge chaque soir ou peut-être bien tard. Sous notre peau
respirent les enfants de toujours, au chaud dans la maison de nos
ventres habités. Ils sont les centaines de vies suspendues à nous
attendre. Longtemps.
Parfois, je les entends chercher l'amour en nous. Appeler. Ils sont les
coquelicots, les êtres-fleurs du grandir en barrage.
Je comprends maintenant que ma naissance se lève encore et encore, en aube de joie sur la peau de la vie.
En y pensant plus fort, plus loin, je m'approche du noyau. Et là, sur la
mer, je rencontre l'enfant de toujours qui lave ses mains à l'eau du
soleil.
Avec ses éclaboussures de lumière, j'écris. Il nous trace. Ses lettres
coquelicots deviennent les gravures vives des parois de nos mains.
Soleil endormi
La blancheur des murs dévore le regard,
absorbe les bruits.
Ces flammes de maisons portées vers la mer
racontent les voiles, un grand bleu de volets
qui claquent en ivresse.
Une moiteur d'écume en tempête
ramène du large le murmure des marins,
les éclats coupants de formes évanouies.
Trace de simplicité. Questions en voyage.
Au chemin des rires on éclabousse
le goût du miel, les amandes et les tians.
Nulle route. Seules les pistes d'embruns,
murets lézards intérieurs aux lieux cachés,
essoufflés de Mistral.
Enfin, une pierre sèche raconte aux enfants
les voix tressées du soleil endormi,
corps brûlant de terre au toucher épicé.
La lumière emporte la poussière et l'hiver,
les hommes flexibles courbés vers l'ailleurs,
En Méditerranée
Partage du temps
Dans une malle, j'ai retrouvé mes ailes d'avant.
Elles n'étaient pas mortes, respiraient doucement
enrobées d'amour et de moi, froissées de soie.
Lentement, infiniment, je les ai éveillées, dépliées, caressées.
Je me suis installée face à l'horizon,
sur la lucarne du grenier au décor de contes sans magie
et me suis accrochée à lui.
Peu à peu, j'ai réussi à déployer mes ailes d'enfant.
Elles s'adaptaient toujours à la courbure de mon corps.
Emerveillée, je les ai fait vibrer dans l'atmosphère cruelle d'aujourd'hui.
Des bourdonnements d'étés anciens ont envahi ma tête.
J'ai fermé les yeux de plaisir, un instant.
Puis, comme le vent commençait à jouer dans les voiles de mes ailes,
j'ai frotté un peu de miel et de chocolat sur le tendre de leur passé.
J'ai pris mon élan.
Sur la ligne verte du ciel j'ai plongé, mes ailes déployées.
N'appelez plus. Ne me cherchez pas, je me suis envolée.
Je ne reviendrai pas.
Hier par amour, vous avez lacéré mes ailes du présent.
Je suis retournée dans mon enfant.
Il me porte en lui, sur la ligne du vent.
Nous sommes plus que vivants,
nous partageons le temps.
©Mireille Seassau
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