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| Le
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Albin, Jacques |
Alcyon |
Bailly, Philippe |
Bardou, Brigitte |
Bataille, Marie |
Bégué, Emmanuel |
Bernier, Bruno |
Bertrand, Huguette |
Boucher, Christian |
Brillon, Yves |
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David, Claude |
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Lemay, Sophie |
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Nath |
Nouvel, Isabelle |
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Riquier, Jean-Marc |
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Suquet, Cyril |
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| Miguel Lamiel |
REPRISE
J'habite une ville tranquille, assiégée:
imaginaire muselé derrière un paravent,
primauté du vide désarmé au passage.
La muraille, sous ton poids, perd pied.
Silence bleu royal. La pénombre gronde.
Serait-ce la dernière guerre ou la dérive?
Peu importe le bagne que tu dessines,
je serai le premier à l'échange des prisonniers:
le corps miné par des souvenirs littéraires,
une voix rauque qui halète
à force de ne pouvoir rien dire.
C'est tout.
Tout recommencera lors du nouveau testament.
Tes yeux embroussaillés tiendront un rôle occulte.
Ils peindront les drapeaux selon l'occurrence
des coeurs sacrifiés lors du grand départ, du tien.
Et alors il ne restera que ta mainmise
sur des territoires étrangers, libérés.
Nu, face à la Mer Morte, j'hallucinerai.
Ce goût du faste
À te voir, je m'improvise perceur de coffre-fort.
Je te détrousse dans une chambre louée à l'heure
et, lorsque tombe le fardeau givré de ton corps,
je bascule, je m'enchaîne. Tu m'autorises
à frôler une mort qui écume perles et diamants,
mince tribut, en autant que durera le goût
d'acier inoxydable sur des lèvres à peine fermées.
MON CRIME
Une phrase m'a échappé
Pour tant d'étourderie
Je serai puni
Par les matons de l'anthologie
Étendu sur une couche partag ée
Mon esprit s'ennivrera
De volutes d'éther
Tandis que je reprends mon souffle
Tout a été écrit
Pour être réécrit
Qu'y aura-t-il de changé
Si je cède ma place
À une plume anonyme
Se cachant dans un placard encré ?
Ma voix est mon ultime guerrière
Désireuse de nuer les harmoniques
Qui rebondissent silencieuses
Sur des falaises écorchées
Dans une mer toute d'impressions
Laissant les livres aux indolents
Qui y trouveront au besoin quelque sens
Abasourdis par le tumulte des lettres
J'atteins doucement la liberté de vivre
Serenissima
Entre deux gorgées d'Aberlour
je veux savoir qui t'es vraiment,
tu veux savoir d'ou je viens.
Si on le fait du regard
aux craquelures splendides
on y perdra allègrement l'ennui.
Le dos mouillé d'aiguilles de grésil.
Les poignets accablés de fatigue.
Plonge dans une larme d'icône
pour trouver l'espace
privé de beton armé.
Je veux te voir sur toile.
Accotes-toi abstraitement
sur le zinc d'une taverne
qui empeste Venise comme si rien
ne pouvait repousser l'envie
d'avaler une première marée.
La lagune déborde et noie Pe
ton palais au son
du plaisir des marins.
Essuyes la goutte de l'étonnement.
La pure réalité
de ton mouchoir dentellé
disperse les pigeons chauves
et les ecailles de la nuit.
Quelle belle disposition de gondoles
sur ton ventre lessivé.
Que tombe la cape de Saint Marc,
sur la ville du lion.
©Miguel Lamiel
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