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| Le
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Albin, Jacques |
Alcyon |
Bailly, Philippe |
Bardou, Brigitte |
Bataille, Marie |
Bégué, Emmanuel |
Bernier, Bruno |
Bertrand, Huguette |
Boucher, Christian |
Brillon, Yves |
Chaudagne, Éric |
David, Claude |
Dif, Jean |
DiSanzo, Vincent |
Doyon, Paule |
Dubé, Daniel |
Dubé, Frédérique |
El Gorfté, Abderrahman |
Ferreira, Jean-Charles |
Hiriart, Emmanuel |
Lamiel, Miguel |
Lemay, Sophie |
Méliade, Stéphane |
Michiel, Archibald |
Mounier, Éliane |
Nath |
Nouvel, Isabelle |
Pinat, Étienne |
Ripoll, Guy |
Riquier, Jean-Marc |
Seassau, Mireille |
Suquet, Cyril |
Veludo, Pedro |
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| Marie Bataille |
Arbre
Tu es l'ancre arrimée de toutes mes racines
de toutes tes racines.
Les mêmes
Tu es au suc haletant de la Mère
Cheminement au rampant de la croûte
Aspiration
Rien que cela
Voussure sous la peau
Tu es recherche
Tu es le tourbillon
A tête renversée
Vers tout ton ciel
Rumeur foisonnante du Tout
Et nos images culbutées
Tête noyée à rebours de ta cime
Dans l'océan cosmique
Totale altération
Eclatement de tout espace
Tu ES.
Axe
Verticalité aboutie
Quiétude vaste
En quête de fusion
*
Dire (pas le texte)
Il faudrait
Il faudrait, pour dire d'Aimer
Ouvrir aux vaisseaux
Leurs sillons
En suivant sur la mer
Les scissures d'errance
Les meurtrissures
En béance
Ô femme !
Flots d'engloutissement
De fauve essence
Où la mer se bleuit
D'émollientes blessures
Comme un sein nu
Qui bat
Qui bat
Comme un
sein nu
Qui bat
Qui…
…bat.
*
Imagine (pas le texte)
Je mettrai mon épaule
Je mettrai mon épaule au creux de ta campagne
Et dans mes rêves d’herbe où tout est silencieux
En songes éphémères
Je mettrai mes années dans ta main qui épargne
Le deuil sourd du passé sous la chape des cieux
Dans une grotte amère
Je marquerai d’un sceau le front de la montagne
Je te prendrai la main comme un objet précieux
Comme un dernier repère
– Et j’irai chavirer comme ces paquebots
Se brisant au rocher
Regain
Regarde au coin de ta fenêtre
Sur drapé d'horizon
Sourire dans ses pleurs le saule qui s'épleure
Entends le murmurant renaître
Sur frange de saison
Des grands arbres bercés au soir du vent frôleur
Goûte ce fruit mûr qui pour n'être
D'ancienne cueillaison
Fond dans le miel sucré de sa tiède pâleur
Touche l'écorce de ta lèvre
Ultime pâmoison
De l'arbre aux cœurs gravés d'affolantes couleurs
Hume l'odeur des fleurs champêtres
Dernière floraison
Nourris-toi du regain au charme ensorceleur
Pour revivre au parfum
Des souvenirs défunts...
*
Terre d'enfance
Si je sortais, ce soir, aux conjonctures denses, je trouverais la nuit s'abreuvant
des traînées de lactance égouttées aux mamelles du bois, pour immerger mon
corps dans son épaisseur d'ombre,
et les pieds nus, entame des layons.
Et je m'enfoncerais au milieu des haillons feuillus de mon enfance, j'irais
jusqu'au Principe où germe toute essence.
Je me coucherais sur ta peau, ô ma terre ignifuge, où, ventre contre ventre, nous
creuserions le centre
comme l'humide accord des grottes en berceau.
Ô ma géante tutélaire ! mon corps s'enroulerait au point de l'Initial où tu
m'engloutirais
et ta boue coulerait et sur mes yeux et sur ma bouche dans le dernier
effondrement.
J'unirais mon sang à ta lymphe et tu le sucerais par tes mille ventouses
par tes rivières inhumées et les sanglots de tes blessures
pour accomplir l'enfant
qui fut privé de chair,
Ô ma terre d'embrasement !
Ô ma dernière Mère !
© Marie Bataille
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