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| Le
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Albin, Jacques |
Alcyon |
Bailly, Philippe |
Bardou, Brigitte |
Bataille, Marie |
Bégué, Emmanuel |
Bernier, Bruno |
Bertrand, Huguette |
Boucher, Christian |
Brillon, Yves |
Chaudagne, Éric |
David, Claude |
Dif, Jean |
DiSanzo, Vincent |
Doyon, Paule |
Dubé, Daniel |
Dubé, Frédérique |
El Gorfté, Abderrahman |
Ferreira, Jean-Charles |
Hiriart, Emmanuel |
Lajoie, Anton |
Lamiel, Miguel |
Lemay, Sophie |
Méliade, Stéphane |
Michiel, Archibald |
Mounier, Éliane |
Nath |
Nouvel, Isabelle |
Pinat, Étienne |
Ripoll, Guy |
Riquier, Jean-Marc |
Seassau, Mireille |
Suquet, Cyril |
Veludo, Pedro |
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| Emmanuel Bégué |
Liberté
Un crayon écrivait. Qu'écrivait-il ? Je n'en
sais rien. Ce qui m'intriguait, c'était qu'un
crayon écrive tout seul, comme ça, sans
écrivain. Bizarre, non, qu'un crayon écrive
tout seul, comme ça, sans écrivain ?
Je demandai : " Comment est-il possible,
crayon, que tu écrives tout seul, comme ça,
sans écrivain pour te diriger sur la feuille
blanche ? "
Il dit : " J'écris ce que je veux ".
Jour d'octobre
C'était un jour d'octobre à couper au couteau.
J'avais marché pour user mes chaussures,
Moi qui préférais mon auto,
Rouge comme une armure.
Ou était-ce en décembre, au jour dit par l'oracle,
Quand le ciel menaçant me regardait,
Quand chaque homme était un obstacle,
Ses yeux des farfadets ?
C'était en février ; je me souviens du jour
Comme la feuille, au tomber de la branche,
Se ressouvient de ses amours
Vertes, chaudes et franches.
Un jour d'avril, peut-être ? Après les giboulées,
Au moment où le sol se refait dur,
Toutes les foules bousculées,
Les rats vifs, le ciel pur.
C'était en juin - un jour épouvantablement
Sordide, et traversé de sombres ruelles ;
Immense et clair, obstinément ;
Un jour de Dardanelles.
Et si ç'avait été en août, un jour de pluie ?
Mes pas furtifs glissaient sous les pavés,
L'eau tombait sous la lune enfuie...
J'allais être sauvé.
C'était un jour d'Irlande
Amalgames
Tous, tous, j'aurai leur peau, et j'en ferai des
portefeuilles que je gonflerai d'argent. Avec
l'argent, j'achèterai encore davantage de
cadavres frais.
Il faut beaucoup de sang, beaucoup -
seulement un nuage de lait blanc.
La vache jouit-elle lorsqu'on la trait ? Je
demande cela parce que souvent les femmes
me surprennent.
J'ai perdu une chaussure et je me suis coupé
l'autre pied par erreur. Je peux marcher sur
les mains, mais comment écrire désormais ?
Je pincerai le nez de celui qui m'arrachera la
langue, et je lui dirai d'aller se faire cuire un
oeuf. Mais les poules ne pondront plus.
Par ma plume et par les poils qui me
recouvrent, je dispose du pouvoir suprême.
Oui, j'en userai.
Si seul
Si seul entre les vagabonds
Égarés dans la boue des villes
Si seul parmi les gens qui vont
Si seul parmi les fous tranquilles
Tous ceux qui meurent sans un cri
Si seul avec les immobiles
Si seul avec mes alibis
Mes fuites, mes peurs, mes mensonges
Si seul, si seul, si loin d'ici
Quand la nuit sonore...
Quand la nuit sonore
m'enivre
Quand le désir revient
sans qu'océan ni mer n'apaise
son offrande
Quand l'air manque
pour porter l'écho de mon cri
Le cri seul recommence
Pourquoi chanter
© Emmanuel Bégué
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