Déraisonnance
Qu'importent les musiques si
Les résonances
Discordent de mémoire ?
Je veux l'oubli des sentiments
Couleurs noires du sang
Séché des années
Je veux brûler d'une étoile
Vibrer en harmonie
Je veux la vie anthropophage
Fusion des coeurs
Déraisonnance ?
Être n'est pas amer
Etre n'est pas amer
Pour qui sait les arcanes
De l'Amour
Fugitif univers consumé
Au soleil
Du premier jour
Étreinte
De la masure étroite
Aux pierres mal taillées
Le souffle de l'amour
Fugue vers les arbres chantants
S'entremêle
Aux frissons des vents d'automne
Eparpillés
Orage d'amour
Les hirondelles
Caressent l'herbe
En ballets silencieux,
Annonçant la noire vallée
Aux flamboiements fougueux.
Les grondements lointains
Défient les noyers solitaires
Au faîte frémissant.
Bientôt,
Les terres seront battues,
Harcelées de flèches liquides,
L'herbe ploiera
Sous le soudain océan,
Les noyers gémiront
Sous les assauts d'Eole,
Les hirondelles disparaîtront
Dans quelque obscure cachette .
Demain,
Le soleil vivifiant
S'emploiera à sécher les larmes,
A réinventer l'harmonie
Des amours tranquilles
Presqu'ombre
Sa beauté, rondeurs nues
Anime les maux
Eparpillés
Dans la chambre déclairée
Ses bras
Ses mains voilées d'ombre
Jouent du vent, de l'ambre
Et de l'éclair
L'automne gorgé d'onde
Ondule dans sa gorge
Sa bouche effeuille les idées
Déshabille les mots
Effarouchés
Ses lèvres humides
Embrassent le silence
De mon cœur
Défait
Ris moeurs
De t'écrire je déraisonne
De te parler je me déchire
De ta pensée je démissionne
De censure je ne veux plus
De tes masques je me retire
De grimaces je te salue
De ton héros je me détourne
De tes rêves je tournevire
Mais de vivre ... Oh ! J'y retourne
Et de désirs te dévêtir
Et de plaisirs te revêtir
Sans repentirs te pervertir
Soleil d'automne
Lorsque tu vins vers moi
Ton élégance
Courbes émotives
S'irisa d'un bouquet de soleils
Gouttes d'énergie diaphanes
Ta chevelure - mouvances
Parfuma le matin
Frissons aux senteurs troublantes
La brume palpita
D'un bonheur aux contours indécis
Toi mon improbable
Toi
Mon Improbable
Enfuis-toi
Du rêve
Aux parfums agités !
Toi
Ma Distance
Ouvre les yeux
Sur l'univers a-causal
Naissance éternelle
Dans l'accomplissement
De l'oubli !
Toi
Echarde de mon coeur
Ne fige pas
Ta vie
Dans l'éphémère des mots
D'hier !
Reste libre !
© Claude David