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comme le bruissement d'ailes d'oiseaux quittant leur nid plainte sempiternelle de la pluie les feuillent tombent mélancoliques sanglots pincement au coeur l'été s'en est allé emportant ses chants ses fleurs on a moissonné les champs finie la floraison la terre est à nu dénudée on se recroqueville au-dedans au plus profond de soi on s'interroge sur le temps le temps qui fuit qui peu à peu nous laisse en arrière nous pousse en avant je languis crissement de feuilles mortes sous mes pas pluie fine nostalgie qui vient me visiter quand le ruisseau emportera les derniers vestiges d'une mourante saison je marcherai seul errant sans raison seul avec moi-même mon pire ennemi je tournerai en rond à la recherche déjà du printemps de mes vingt ans du temps passé du reste du temps et tout au creux de mon être bien blottie de toutes ses mains accrochée l'anxiété cette méduse au cœur de pierre visage défait morfondu je me verrai en ce miroir déformant les arbres ont pleuré leur verdoyante cime et se sont crispés dans des contorsions sublimes où sont les étés tantôt si rieurs valses langoureuses au rythme du bonheur qui berçaient il n'y a pas si longtemps les jours ensoleillés de la belle saison dans mon coeur seules perdurent les rimes et voilà que tout se déglingue je ne le sais que trop elle est là avec son visage hideux elle me surveille elle me guette malgré que je sois aux aguets elle peut me surprendre à l'improviste elle n'est pas loin elle m'est familière je sens sa présence elle est là rien à faire pour la repousser elle s'empare de moi à mon corps défendant la déprime 1959 revu en 1997
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